Changement d'équipage, donc, à bord de
Bostik avec le débarquement de Erwan Lebec, qui assurait jusqu'ici le rôle de Boat captain pour le compte de SailingOne. "
Je souffre de problèmes dentaires et je suis dans un état général de grande fatigue", expliquait Erwan Lebec. "
Compte tenu de la navigation difficile qui attend Bostik entre Cape Town et Wellington, je n’ai pas la forme physique nécessaire pour effectuer ce parcours." Erwan Lebec a rejoint SailingOne au printemps dernier, lors de la conception du plan de pont et il a suivi toute la construction du premier monotype Veolia Oceans
® aux côté de Christian Brit d'abord, puis sa préparation avec Jean-Baptiste Daramy ensuite. Erwan Lebec va donc rentrer en France et prendre le repos nécessaire pour revenir en forme s'occuper de la préparation des monotypes en cours de construction chez JMV Industries à Cherbourg.
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D'un côté nous regrettons le départ de Erwan. Il fait un super boulot à bord et il s'est beaucoup investi dans la préparation de Bostik", affirmait Charles Caudrelier. "
D'un autre côté nous allons vraiment pouvoir naviguer dans les conditions de la SolOcéane dans l'Océan Indien, c'est-à-dire chacun notre tour en solitaire. Nous aurons toutefois la sécurité de savoir l'autre prêt à venir aider sur le pont en cas de problème. C'est un élément de sécurité appréciable. Pour les manœuvres délicates, nous serons dans les conditions de la navigation en double."
"Erwan est top en mer, c'est un super compagnon de navigation et je suis triste de le voir débarquer", confiait Liz Wardley. "Mais je me réjouis aussi de faire "presque" du solitaire dans le Grand Sud avec Charles. Ca va être fun !"
Sur la manière d'aborder cette navigation entre Cape Town de Wellington, Charles Caudrelier est modéré : "Avant tout, Liz et moi allons nous comporter en marins, avec l'objectif d'arriver à bon port sans avarie. Mais nous sommes également des compétiteurs et le monotype Veolia Oceans® Bostik est fait pour planer. Nous rencontrerons obligatoirement la fameuse longue houle du sud et les forts vents portants qui nous permettront de glisser à vive allure. Toutefois, le système de tangon bout-dehors actuel manque de fiabilité. Le système sera modifié sur la série monotype, mais pour l'instant nous devons conserver ce matériel qui nous a déjà causé bien des soucis. Nous ne pourrons donc pas naviguer sous spi ou sous gennaker dans un vent de plus de vingt nœuds. Notre moyenne s'en ressentira. Malgré cela, je pense que nous aurons plus souvent l'occasion de naviguer avec la grand-voile à deux ris et la trinquette que sous spi et grand-voile haute. Donc, nous ne traînerons pas en route ! Je suis vraiment impatient de découvrir ce monde secret de l'Océan Indien..."
Charles Caudrelier ajoutait toutefois : "Le Grand Sud est dangereux parce qu'il y a beaucoup de tempêtes. Il y en a en permanence, d'ailleurs. Elles peuvent être grosses, très grosses. Il y a aussi le phénomène des glaces qui nous fait peur. Les icebergs sont quasiment invisibles pour un marin dans la tempête. Si on peut encore voir les gros icebergs de loin, les petits, les growlers, sont entre deux eaux et ils sont impossibles à identifier. Ça c’est un risque ! Pour moi c’est un risque énorme. En plus, ce risque est imprévisible. Alors qu’une tempête, on peut aujourd’hui la prévoir, la contourner, l’éviter. Et les monocoques modernes comme Bostik sont vraiment excellents pour cela."
Liz Wardley évacuait toute appréhension au profit d'un enthousiasme communicatif et d'une joie profonde de retourner dans l'Océan Indien : "Les Quarantièmes Rugissants sont un lieu mythique pour tous les marins du monde. On en entend toujours parler et ça demeure un rêve de pouvoir naviguer là-bas. C’est une zone où il y a beaucoup de vagues et de vent pour des surfs interminables. Cela dure des jours et des jours. C’est un plaisir d’y avoir été et de pouvoir y retourner maintenant avec un bateau qui plane. C’est vraiment super. Je suis heureuse d'être à bord de Bostik !"
Liz Wardley quittait le port avec son petit sourire en coin et ses yeux bleus qui pétillent en ajoutant : "Cela va être un plaisir de surfer sur les grosses vagues avec Bostik. Ça devrait être génial !" Liz entend d’ailleurs améliorer son propre record de vitesse instantanée qui est aussi celui de Bostik à ce jour : 24 nœuds dépassés. L'étrave de Bostik devrait donc fumer d'embruns sur la route de Wellington !